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Avalanches : non,
le risque 3 n'est pas un risque moyen !

 

Partie 1 : Statistiques : 75% des décès en randonnée ont lieu par risque 2 et 3 !
Partie 2 : Les indices de risque 2 et 3 sont ils mal compris ?
Partie 3 : L'étude de l'accidentologie montre qu'une meilleure utilisation des informations du BRA réduirait le nombre d'accident
Partie 4 : Mieux former les randonneurs à exploiter les informations de localisation des pentes à risque
 

Partie 2 :
Les indices de risque 2 et 3 sont ils mal compris ?

Ces statistiques mériteraient une enquête qualitative plus approfondie (type entretien semi-dirigé). J’en tire pour ma part deux enseignements :

  • les randonneurs s’exposent moins à partir de l’indice de risque 4, le bulletin résonnant alors comme une alarme incitant à ne pas sortir ou à réviser largement ses objectifs. Il est aussi probable que la population de randonneurs consulte plus systématiquement le BRA que les skieurs hors-piste dont la pratique serait plus « instinctive » pour ne pas dire parfois « impulsive » ;

  • les indices de risque 2 et 3 semblent mal interprétés par la population des randonneurs.

Un simple micro-trottoir mené auprès de randonneurs grenoblois et chambériens montre toute l’ambiguïté de l’échelle de risque d’avalanche. La notion d’échelle en elle-même introduit un risque croissant du bas (indice 1) vers le haut (indice 5). Le 3 étant situé au milieu, c’est l’idée d’un risque « moyen » qui domine chez le pratiquant lambda. Habitué par le système scolaire à être dans le domaine de l’acceptable lorsque la moyenne est atteinte, le randonneur estime que l’indice de niveau 3 situé « au milieu du gué » n’est pas un marqueur d’alerte suffisamment significatif, et il le juge souvent comme « acceptable ».

Or la lecture de la définition de cet indice de risque fait mention d’un risque non pas « moyen » mais  « marqué », qui concerne déjà « de nombreuses pentes ». Plus intéressant encore : la différence entre le 3 et le 4 ne tient pas tant dans la stabilité des pentes (« faiblement stabilisées » pour le 4, et « modérément à faiblement stabilisées » pour le 3) mais en réalité beaucoup plus dans le nombre, la proportion de pentes concernées par le risque d’avalanche.


Là est peut-être l’origine du malentendu persistant au sein des pratiquants qui s’en tiennent finalement au chiffre du BRA en le considérant comme une indication de probabilité de déclencher une plaque, tandis que le prévisionniste, dans son choix du niveau de l’indice, a pour critères le nombre de pentes concernées par le risque de déclencher une plaque et le degré de facilité qu’elle a à être déclenchée..
Pour le dire autrement : le risque d’avalanche est moindre par niveau 3 que par niveau 4 à une échelle globale, mais dans une pente donnée, la probabilité de déclencher peut être tout aussi significative voire quasiment équivalente par niveau 2, 3 ou 4

La lecture de l’échelle de risque nous rappelle toutefois un élément très important pour ces indices 2 et 3 : les pentes concernées devraient « généralement » être décrites dans le BRA.
Mais est-ce vraiment le cas ?  L’analyse de l’accidentologie devrait être révélatrice


(*) Pentes particulièrement propices aux avalanches en raison de leur déclivité, de la configuration du terrain, de la proximité des crêtes...
(**2) Les caractéristiques de ces pentes sont généralement précisées dans le bulletin: altitude, exposition, topographie... 
(***) Surcharge indicative : forte (par exemple skieurs groupés) ou faible (par exemple skieur isolé, piéton).

 

>> Suite de l'article : L'étude de l'accidentologie montre qu'une meilleure utilisation des informations du BRA réduirait le nombre d'accident

 

 

 

 

 

 


 





 

 

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